Lieux de Mémoire

Arras (France)

La citadelle

Surnommée la Belle Inutile, la citadelle est une oeuvre de Vauban réalisée entre 1668 et 1672. De forme pentagonale, elle est flanquée à chaque angle d'énormes bastions protégés par des ouvrages avancés en partie conservés. La porte Royale de pierre blanche fait face à la ville et souligne le pouvoir du nouveau souverain. Autour de l'esplanade gravitent les bâtiments nécessaires à la vie de la citadelle.

Placé dans l'axe de la porte Royale, l'arsenal dont le décor de pierre souligne les ouvertures occupe une place privilégiée dans l'organisation spatiale de la place forte.

La chapelle, joyau de l'architecture baroque, conserve une façade de brique richement décorée de colonnes engagées, cannelées, de médaillons, pots à feu...

Le chemin des Douves permet de parcourir les extérieurs de la Citadelle et de découvrir le Crinchon, ruisseau aux allures bucoliques, utilisé à des fins militaires pour mettre en eau les fossés. La citadelle elle-même, propriété de l'Armée, est accessible dans le cadre des visites organisées par l'Office de Tourisme installé à l'Hôtel de Ville - Petite Place. Malgré les modifications subies au cours des siècles, la Citadelle d'Arras reste le témoignage de l'art de Vauban.

Le Mémorial Britanique

Il se situe au cimetière du Faubourg d'Amiens, non loin de la citadelle. Il commémore les morts de 35 000 hommes, Britanniques, Néo-zélandais et Sud-Africains qui tombèrent entre ce printemps 1916 et le 7 août 1918 et qui n'ont pas de tombe identifiée. Les noms des morts sont inscrits sur des stèles de pierre apposées aux murs du cloître à colonnes doriques bâti par Sir Edwin Luytens. Le cimetière du Faubourg d'Amiens, boulevard du Général de Gaulle, abrite aussi 2 652 tombes identifiées.

Face au Mémorial constitué par le cloître se dresse le "Flying Services Mémorial" sur les murs duquel sont gravés les noms du Royal Naval Air Service, du Royal Flying Corps, de la Royal Air Force et de l'Australian Flying Corps.

Une partie du Mémorial d'Arras, érigé dans le faubourg d'Amiens, est généralement considérée comme un hommage aux premiers aviateurs à avoir perdu la vie au cours de combats. On remarque immédiatement à l'entrée du cimetière le Mémorial des aviateurs, formé d'un socle élevé surmonté d'un globe.

De chaque côté y sont gravés les noms de tous les aviateurs tombés sur le front occidental et dont la sépulture est inconnue, incluant les noms de 46 Canadiens. Les Canadiens se distinguèrent particulièrement dans la guerre aérienne. Vingt cinq mille d'entre eux servirent comme pilotes, observateurs et mécaniciens dans les forces britanniques. Les aviateurs canadiens obtinrent pour leur bravoure plus de huit cents décorations et citations, dont trois croix de Victoria. Parmi les "as" de la RAF, cinq d'entre eux étaient canadiens. Des pilotes tels que W.A. "Billy" Bishop, W.G. Barker, Raymond Collishaw et A.A. McLeod se rendirent partout célèbres par leur audace et leurs exploits.

Les tunnels Néo-Zélandais

Les tunnels néo-zélandais forment un système complexe de galeries souterraines et de caves qui s'étendent d'Arras vers Bapaume et Cambrai. En 1916 et 1917, la compagnie néo-zélandaise des tunneliers creusait un réseau déjà existant de caves anciennes et les prolongeait par des galeries pour aboutir en no man's land, sous les tranchées allemandes. Le site a été redécouvert en 1996.

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Bullecourt (France)

Mémorial de Bullecourt : Statue du Digger.

En avril et mai 1917, 10 000 soldats australiens ont été victimes des combats de Bullecourt. Et de mai 1917 à mars 1918, les combats ont fait rage et ont fait changer de camp le village près de vingt fois.

Aujourd'hui, au parc mémorial, le souvenir est entretenu par la statue du Digger, réalisée par le sculpteur australien Peter Corlett, fils d'un combattant de la Grande Guerre. Ce Digger, c'est le soldat australien qui symbolise par sa tenue et ses insignes les quatre divisions australiennes d'infanterie engagées sur le terrain : les 1ère, 2ème, 4ème et 5ème.

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Cimetière militaire du Faubourg d'Amiens - Arras (France)

Ce cimetière abrite 2651 tombes et sur le mur d'enceinte figure les noms des 35 942 disparus lors des batailles d'Arras.

Arras et la Première Guerre mondiale (1914-18)

Arras fut au coeur des affrontements durant toute la Première Guerre mondiale. Tombée aux mains des Allemands en 1914 mais reprise par les Français, sa défense fut assurée dès le printemps 1916 par le Corps Expéditionnaire Britannique (B.E.F. en anglais). Presque rasée en surface, la ville était devenue une cité souterraine organisée en un dédale de galeries de plusieurs kilomètres (les "boves ") qui furent utilisées pour la grande offensive de 1917. Début avril, au petit matin, 20 000 soldats britanniques émergèrent dans les tranchées allemandes des alentours dans la surprise la plus totale, saisissant même des officiers pendant leur petit-déjeuner.

Pour les forces du Commonwealth, ce fut un véritable massacre : 159 000 hommes perdus en 39 jours, soit plus de 4 076 morts par jour. La plus lourde au niveau des pertes, cette offensive fut néanmoins une victoire militaire importante, peut-être la seule des Alliés en 1917. En 1918, les Allemands tentèrent de reprendre Arras, en vain.

Dans l'enceinte du cimetière, tous les hommes sont égaux. Les mémoriaux étant crées dans cet esprit, soldats et officiers reposent ici côte à côte. La Croix du Sacrifice symbolise la Foi de la majorité -Chrétienne- alors que la Stèle du Souvenir s'adresse aux autres croyances et aux athées.

Utilisé dès mars 1916 par les forces britanniques, le cimetière fut agrandi après l'Armistice par le rapatriement de tombes situées alors sur le champ de bataille et dans deux petits cimetières des environs. Il regroupe 2 651 sépultures de soldats du Commonwealth ayant combattu pendant la Première Guerre mondiale. A celles-ci s'ajoutent 30 tombes de guerre d'autres nationalités, principalement allemande. Sept tombes datent de la Deuxième Guerre mondiale, lorsque Arras servait de Quartier Général aux troupes britanniques jusqu'à l'évacuation de la ville le 23 mai 1940. Alors aux mains des Allemands, elle fut reprise par les Alliés le 1er septembre 1944.

Pour ceux qui n'ont pas de tombe connue

Le cimetière abrite un mémorial qui rend hommage à plus de 35 000 soldats disparus et dont les corps n'ont pas été retrouvés. Ces hommes combattirent dans de terribles conditions, affrontant des machines de guerre plus meutrières que jamais. Venant du Royaume-Uni, d'Afrique du Sud et de Nouvelle-Zélande, ils sont tous tombés dans le secteur d'Arras entre le printemps 1916 et le 7 août 1918, veille de la Marche vers la Victoire. Les soldats canadiens et australiens morts pendant cette période sont commémorés aux mémoriaux de Vimy et de Villers-Bretonneux. Un mémorial distinct rend hommage à ceux tombés pendant la bataille de Cambrai en 1917.

Le Mémorial des Flying Services (Armée de l'Air) porte les noms d'environ 1 000 hommes du Royal Naval Air Service, du Royal Flying Corps et de la Royal Air Force (fusion du RNAS et du RFC en avril 1918), qui ont été abattus sur le front occidental et n'ont pas de tombe connue. Pour les pilotes engagés dans la bataille d'Arras, avril 1917 restera le mois sanglant ("Bloody April") où l'espérance de vie était descendue de trois semaines à 17h30. Redoutable d'efficacité, l'aviation allemande avait décimé en un mois un tiers des forces du RFC.

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Cimetière britannique de la Ville-au-Bois (France)

Cette nécropole, située au lieu-dit "la Musette", en direction de Berry-au-Bac, contient 564 corps...

Cette nécropole est située au bord de la N44, au lieu-dit "la Musette", en direction de Berry-au-Bac, et contient 564 corps (563 Britanniques et 1 Néo-Zélandais auxquels il convient d'ajouter ceux d'un pilote britannique et d'un soldat français de la Seconde Guerre mondiale) dont 413 n'ont pu être identifiés. Elle fut édifiée après l'armistice par le regroupement des tombes, isolées ou provenant de petits cimetières, de soldats tous tués en 1918.

Le village de La Ville-au-Bois fut capturé en avril 1917 par les troupes françaises, lors de l'offensive sanglante du Chemin des Dames. Le 27 mai 1918, le secteur était aux mains de la 50ème division britannique lorsque les Allemands lancèrent leur troisième offensive du printemps, qui les mena à Château-Thierry. Au cours de ces combats, le 2ème Devons et la 5ème batterie de la 45ème brigade du Royal Field Artillery (Artillerie de campagne) furent anéantis et reçurent la Croix de Guerre pour leur sacrifice.

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Le Quesnoy (France)

Les fortifications de Le Quesnoy...

Un château y fut édifié par le comte de Hainaut au XIIème siècle. Il en subsiste la porte à l'entrée et des caves de grès. Ses premiers bastions construits sur l'ordre de Charles Quint datent de 1528. Après la prise de la ville en 1657, par Turenne, Vauban modernise la place à partir de 1668. Il crée quatre étangs pour inonder les fossés et remodèle le front sud dont les bastions Saint-Martin et du Gard illustrent avec leur dehors le premier système de Vauban. Au XVIIIème siècle est édifié un grand ouvrage à corne à l'est de la Porte Fauroeulx.

En 1881, la place-forte fut encore confortée.

L'enceinte très bien conservée a la forme d'un octogone irrégulier. Elle est défendue par huit bastions et a été entièrement restaurée. 2 circuits pédestres sont proposés au grand public :

  • Le circuit des remparts : fiche de randonnée du Conseil Général du Nord.
  • A la découverte des arbres des remparts du Quesnoy : Circuit élaboré par le Parc Naturel Régional de L'Avesnois.

Lors de la promenade des fortifications, jalonnée de panneaux pédagogiques, on admirera les huit bastions et dix-sept dehors implantés dans les fossés. Mentionnons la Poudrière du XVIIIème siècle, la tour médiévale du Comte Baudouin, la porte Fauroeulx, l'ouvrage à cornes Fauroeulx, du XVIIIème siècle, et 5 bastions : royal, impérial, vert, du Gard, Saint-Martin. Au dehors, l'étang du Pont-Rouge qui servait à remplir les fossés des remparts est à présent un site "balnéaire".

Un bivouac des Armées révolutionnaires, avec plus de 400 participants anime le site fortifié pendant 2 jours tous les deux ans au moment des Journées du Patrimoine. Une association "Le Cercle Historique Quercitain" fait des recherches sur le passé du Quesnoy et de ses deux cantons et possède un local au centre Cernay dit Château Marguerite de Bourgogne pour accueillir des groupes dans deux salles d'exposition didactiques sur l'histoire de la fortification. Depuis 1987, les villes fortifiées ont également leur journée régionale le dernier dimanche d'avril et certaines citadelles devenues casernes militaires ouvrent régulièrement leurs portes au public. Enfin, la route des villes fortifiées, lancée en 1993 permet au public de découvrir ces villes à l'aide d'une carte et de fiches explicatives disponibles auprès de l'association des villes fortifiées et dans les offices de tourisme d'Ambleteuse, Arras, Avesnes-sur-Helpe, Bergues, Boulogne-sur-Mer, Calais, Cambrai, Condé-sur-Escaut, Gravelines, Le Quesnoy, Lille, Maubeuge, Montreuil-sur-Mer et Saint-Omer.

Ce monument aux morts commémore la victoire de la New Zealand RifleBrigade qui libéra le Quesnoy le 4 novembre 1918 de la garnison allemande qui occupait la ville depuis quatre ans. Les Néo-zélandais escaladèrent les fortifications comme au Moyen-Age avec des échelles.

En 1999, Le Quesnoy a ouvert la maison quercitaine de Nouvelle Zélande "Centre de documentation relatif à la libération de la ville en 1918". Le Quesnoy est devenu le lieu principal des commémorations de la Première Guerre mondiale pour la Nouvelle Zélande en France, avec la tenue d'une cérémonie organisée par l'ambassade de Nouvelle-Zélande à Paris, les autorités locales et la Commonwealth War Graves Commission. Lors de ces deux cérémonies, un défilé rassemblant le maire et des autorités locales, des anciens combattants, des visiteurs et des personnes de la région traverse la ville jusqu'aux remparts et au monument aux morts néo-zélandais de 1923 pour le dépôt de gerbe. La procession se dirige ensuite vers le monument aux morts français pour un nouveau dépôt de gerbe. La cérémonie se termine à la mairie où une sculpture tribale "teko teko maori" perpétue le souvenir.

La Nouvelle Zélande est toujours officiellement représentée à Le Quesnoy lors des commémorations de l'Armistice, le 11 novembre. Des parlementaires néo-zélandais et d'autres groupes divers comme l'équipe néo-zélandaise de rugby, les All Blacks, sont déjà allés à plusieurs reprises dans cette ville. Le Quesnoy et Cambridge, en Nouvelle-Zélande sont jumelées depuis 1999.

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Longueval (France)

A Longueval le Musée et le Mémorial national sud-africain rendent hommage aux soldats sud-africains qui connurent leur bâptème du feu dans le bois Delville.

La prise du Bois Delville (champ de bataille, mémorial, musée et nécropole), appelé aussi le Bois du Diable (Devil Wood), indispensable à toute progression vers l'Est, fut confiée aux Sud-Africains qui connurent là leur baptême du feu sur le front occidental du 15 au 20 juillet 1916. Pris sous de très violents tirs d'artillerie - jusqu'à 400 coups à la minute -, à peine protégés par des abris construits à la hâte, coupés de l'arrière, ils y vécurent un véritable cauchemar. A l'heure de la relève, des 3 200 hommes qui constituaient la brigade, seuls 143 sortirent indemnes de leurs tranchées.

Longueval est également le lieu de la mémoire de la Nouvelle-Zélande. C'est en effet le 15 septembre 1916 que la division néo-zélandaise, appuyée par ses tanks, s'élança de sa ligne de départ (entre Longueval et le bois des Fourcaux) vers son objectif, Flers, atteint le jour même. Le bois des Fourcaux - le fameux "High Wood" - tomba aux mains de la 47e (London) division le 15 septembre.

Mémorial national sud-africain

Le Bois Delville, lieu de l'engagement de la brigade d'infanterie sud-africaine en juillet 1916, d'une superficie de 63 hectares, fut acheté en 1920 par le gouvernement sud-africain pour le site du mémorial national. Le monument, inauguré en 1926, se situe à l'extrémité d'une avenue bordée de chênes dont les glands provenaient d'Afrique du Sud.

Le mémorial, composé d'un cénotaphe (tombeau vide) et d'un arc de triomphe, a été dessiné par Herbert Baker. Les deux maisons, typiquement coloniales, représentent, selon l'architecte, les deux races blanches d'Afrique du sud, et le mur semi-circulaire, les remparts de la civilisation.

Un groupe en bronze, réalisé par Alfred Turner, surmonte l'arc. Il représente les jumeaux de la mythologie grecque, les Dioscures, Castor et Pollux tenant un seul cheval fougueux. Castor et Pollux sont les enfants de Léda et Zeus, le premier est mortel, le second divin. Leur entente est telle qu'à la mort de Castor, Pollux obtiendra de Zeus qu'ils soient réunis dans l'immortalité. Ces deux personnages, initialement différents, mais au destin commun, symbolisent, selon le sculpteur, la camaraderie des compagnons d'arme des deux races sud-africaines, le combattant anglais et le hollandais, la fraternité conclue entre le Britannique et le Boer.

Récemment ennemis, sacrifiés ensemble pour le Commonwealth britannique contre un ennemi commun. Le monument fut inauguré le 10 octobre 1926, par la veuve du président Louis Botha, unificateur du pays après la guerre des Boers (1899-1902) qui opposa les colons d'origine néerlandaise (Boers) aux Britanniques en Afrique du sud.

Musée national sud-africain

Situé en arrière du monument, bâti autour de la Croix de la Consécration et inauguré en 1986, le Musée est une réplique du Fort du Cap. Il commémore la contribution sud-africaine durant la Première Guerre mondiale (sur le front occidental et dans les colonies allemandes en Afrique), la Seconde Guerre mondiale, le Blocus de Berlin (1948-1949) et la Guerre de Corée (1950-1953).

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Mémorial international de Notre-Dame-de-Laurette (France)

Réalisé par la région Nord-Pas de calais, en partenariat avec le ministère de la Défense - Inauguré le 11 novembre 2014.

Avec près de 580 000 soldats morts sur leur sol et plus de 300 villages et villes anéantis, les départements du Nord et du Pas-de-Calais figurent au premier rang des régions détruites à l’issue de la Grande Guerre. Arras, comme Reims et Verdun a été déclarée ville martyre.

Le Nord-Pas de Calais figurait, au lendemain de la Première Guerre mondiale parmi les territoires qui avaient subi les dévastations les plus fortes ; les reporters ont alors parlé de « l’Enfer du Nord ».

Le 11 novembre 2014, dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre, a été inauguré près d'Arras le Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette. Le Mémorial, établi sur le plateau, au sud-est de la nécropole nationale, le plus grand cimetière militaire français, est dessiné par l’architecte Philippe Prost : un anneau d’un périmètre de 345 m, sur lequel seront inscrits, sans distinction de nationalité, de grade ou de religion et par ordre alphabétique, les noms de 580 000 soldats de toutes nationalités morts en Flandre française et en Artois entre 1914 et 1918.

La Région Nord-Pas de Calais, au contact de la Belgique, a été l’un des théâtres majeurs du premier conflit mondial sur le front ouest. S’y sont déroulés des combats terribles entre Français et Allemands d’abord (1914-1915), puis à partir du printemps 1915 entre les troupes de l’Empire allemand et celles de l’Empire britannique ; ces dernières alignaient des hommes venus du Royaume-Uni (Anglais, Écossais, Gallois, Irlandais), mais aussi des lointaines possessions de la Couronne : Canada, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande, Inde. Des hommes venus du monde entier ont donc combattu sur le sol de la Flandre et de l’Artois et un grand nombre y ont péri.

Une initiative inédite portée par la Région Nord-Pas de Calais avec le soutien du ministère de la Défense

Dans le cadre d’un accord signé avec l’Etat français (Ministère de la Défense) en 2011, le Conseil régional Nord-Pas de Calais a entrepris de réaliser un programme majeur dans le cadre du Centenaire de la Grande Guerre : la création d’un mémorial international en hommage aux combattants de toutes nationalités qui ont péri sur son sol entre 1914 et 1918. Cette initiative est unique car elle incarne la nouvelle dimension du travail de mémoire. Elle dépasse le schéma vainqueurs-vaincus, où chacun rendait hommage à ses morts. Elle évoque la souffrance partagée par tous les soldats, la mort de masse qui a caractérisé les guerres de l’ère industrielle et, qui, entre 1914 et 1918 a fauché une génération d’hommes et endeuillé des millions de familles. Le Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette permettra aussi de souligner la paix qui règne pour la première fois de façon durable sur le continent européen.

Le Mémorial qui a été érigé sur le site de Notre-Dame-de-Lorette est un ouvrage exceptionnel par plusieurs aspects :

  • Une démarche unique à ce jour dans le monde réunissant dans un même souvenir et dans un même hommage des hommes qui se sont affrontés dans un conflit terrible. La liste des 580 000 noms des combattants sera gravée par ordre alphabétique, sans distinction de nationalité, de grade ou de religion. Il constituera un geste fort de dignité et de respect,
  • Un monument réel, doté d’une grande force esthétique et symbolique, à un moment où s’imposent de plus en plus des formes immatérielles de commémoration avec la constitution de bases de données informatiques,
  • Un lieu majeur de visite et de rencontre sur les « Chemins de mémoire » de la Grande Guerre, accessible à tous les hommes et les femmes d’aujourd’hui qui ont la chance de vivre en paix.

Le Mémorial sera implanté sur un terrain de 2,2 hectares, cédé par l’Etat au Conseil régional Nord–Pas-de-Calais pour une somme symbolique. L’inclusion du Mémorial dans un « périmètre sacré », celui de la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette (site classé selon la loi de 1930) a imposé d’importantes contraintes esthétiques et architecturales lors du concours pour la désignation du maître d’œuvre de l’opération : respect de la nécropole nationale française située à proximité, nécessité de maintenir la vision du grand paysage ouvrant sur le plateau artésien, obligation de concevoir une œuvre forte pour un programme de portée universelle.

À l’issue d’un concours qui a réuni cinq équipes françaises et étrangères, c’est le projet de l’architecte parisien Philippe Prost qui a été retenu. Il s’agit d’une œuvre remarquable, à la fois sobre et impressionnante, respectueuse et puissante, qui répond parfaitement aux exigences fixées par le maître d’ouvrage. Une grande ellipse est posée sur le rebord du plateau ; le tiers de sa circonférence est posé en porte-à-faux, afin de marquer la fragilité de la paix. On pénètre dans l’ouvrage par une tranchée qui donne accès à une passerelle le long de laquelle sont placées les plaques portant les noms, disposées comme les pages d’un livre. La structure de l’ouvrage, en béton fibré, est tenue par un câble sous tension. L’anneau, figure simple et forte, symbolise une ronde ; il est synonyme d’unité et d’éternité.

Notre-Dame-de-Lorette, un site majeur de la Grande Guerre

La colline de Notre-Dame-de-Lorette, située à une dizaine de kilomètres au nord-ouest d’Arras, a été le théâtre, en 1914 et 1915, de combats sanglants entre les armées françaises et allemandes. Le 16 janvier 1924, un décret du Président de la République française décidait de la création d’une nécropole nationale sur le sommet du « plateau sanglant » de Notre-Dame-de-Lorette. D’une surface de 27 hectares, elle regroupe 40 000 corps de soldats français tués en Flandre et en Artois pendant la Grande Guerre. Le cimetière fut constitué à partir d’un petit cimetière provisoire, aménagé en 1915 à proximité des ruines d’une chapelle du XVIIIe siècle, détruite lors des combats. On regroupa, au cours des années 1920, des corps provenant de 150 cimetières provisoires établis entre la Somme et la Mer du Nord. 19 998 corps non identifiés furent placés dans sept ossuaires ; les restes de 20 000 hommes identifiés furent placés dans une sépulture individuelle ; un carré spécifique fut constitué pour inhumer les combattants de confessions musulmane et juive. Au centre du cimetière furent construits une tour-lanterne haute de 52 mètres et dotée d’un phare à son sommet, ainsi qu’une basilique de style néo-byzantin.

Le site de Notre-Dame-de-Lorette fait l’objet depuis plusieurs années d’un programme de réhabilitation mené conjointement par l’Etat et les collectivités territoriales (Département du Pas-de-Calais et Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin) dans le cadre du Centenaire. Il se trouve au cœur d’un ensemble de lieux de mémoire particulièrement remarquable à l’échelle de l’ensemble du front ouest. On trouve en effet, dans un rayon de 10 km, trois sites majeurs : le Mémorial national du Canada de la crête de Vimy, sans nul doute l’un des plus beaux monuments érigés dans l’entre-deux-guerres, qui reçoit plus de 500 000 visiteurs chaque année ; le cimetière allemand de la Maison-Blanche, à Neuville-Saint-Vaast, la plus vaste nécropole allemande en France ; enfin, le cimetière britannique du Cabaret Rouge, à Souchez, l’un des plus beaux parmi les centaines qu’entretien admirablement la Commonwealth War Graves Commission.

Le Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette est financé par l’État (Ministère délégué aux Anciens Combattants), le Conseil Général du Nord, le Conseil régional et la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin. Il est construit sur un terrain cédé à la Région Nord-Pas de Calais par le Ministère de la Défense.

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Mémorial de Pozières (France)

Le village de Pozières a été le théatre du premier engagement d'envergure des troupes australiennes.

Le village de Pozières évoque le premier engagement d'envergure des troupes australiennes (mémoriaux à la 1re et à la 2ème divisions australiennes). Les vestiges d'un blockhaus dénommé le "Gibraltar" sont encore visibles. C'est à Pozières également que se trouve le monument aux chars orné de 4 modèles réduits de tanks.

Ce bourg était le verrou qu'il fallait faire sauter pour investir d'abord la Ferme du Mouquet, puis la colline de Thiepval. Cet objectif de contournement fut en majeure partie confié aux troupes d'Australie dont la plupart rentraient de Gallipoli. Le village se situait sur une crête traversée par un double réseau de tranchées constituant la deuxième ligne allemande et flanquée de deux blockhaus-observatoires dominant tout le champ de bataille (côté Albert, "Gibraltar" - côté Bapaume, "le Moulin à Vent").

Arrivés le 23 juillet 1916 et après s'être emparés de Pozières, les Australiens, épuisés par d'incessantes contre-attaques d'artillerie, furent relevés le 5 septembre par les Canadiens à la Ferme du Mouquet. Trois de leurs divisions étaient passées par le secteur de Pozières et avaient subi des pertes supérieures au tiers des effectifs engagés. Quant au village, il avait totalement disparu. Le nom de Pozières possède une telle renommée dans la mémoire australienne qu'il a été donné, après la guerre, à un petit village du Queensland (Australie). Le 15 septembre 1916, les chars apparurent pour la première fois sur un champ de bataille. Des 32 tanks britanniques Mark I qui se déployèrent sur une ligne Courcelette-Longueval, seulement neuf atteignirent leurs objectifs. Néanmoins cette date marque le début d'une progression britannique plus équilibrée.

La bataille de Pozières est l'une des nombreuses batailles de la bataille de la Somme, élément de la stratégie alliée des attaques coordonnées : pendant que la Russie lance l'offensive de Brusilov le 4 juin, et que les Italiens attaquent dans le Trentin. Courant 1916, la ligne de front se situe entre vallée de l'Ancre de Thiepval jusqu'à Pozières. Les Britanniques lancent l'attaque le 1er juillet 1916 ; en face, l'armée allemande solidement appuyée sur village de Pozières et son moulin à vent résiste : 60 000 tués ou blessés dès le premier jour de combat. Les Australiens (1ere Division, 22e Division, 4e Division) prennent la relève et finissent par enlever la position le 23 juillet. Remplacés au mois de septembre, leurs pertes s'élèvent à 23000 hommes.

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Villers-Bretonneux (France)

A Villers-Bretonneux : le Mémorial national australien, le Musée franco-australien, le cimetière Adélaïde témoignent des liens unissant l'Australie et la France.

Si Villers-Bretonneux a connu les combats d'août 1914 et les incessants mouvements de troupes françaises et britanniques durant les 4 années qui suivirent, le nom de ce gros bourg est entré dans l'histoire de la guerre le 24 avril 1918, lorsque les troupes australiennes arrêtèrent définitivement l'offensive allemande de mars.

Depuis la construction de l'école Victoria en 1927 et l'inauguration du mémorial en 1938, les liens officiels et privés avec l'Australie n'ont cessé de se resserrer. Le jumelage avec Robinvale et l'exhumation du Soldat inconnu australien en novembre 1993 ont confirmé cette relation privilégiée. L'histoire, la venue annuelle de l'ambassadeur pour la commémoration de l'Anzac Day et les visites de très nombreux Australiens tout au long de l'année ont donné à cette ville en Australie une aura qu'il est difficile d'imaginer ici.

Mémorial australien RD 23, direction Fouilloy/Corbie.

Cet imposant mémorial de pierre blanche, précédé du cimetière, se compose d'une haute tour centrale reliée aux deux pavillons d'angle par de simples murs sur lesquels se trouvent inscrits les noms des soldats sans sépulture. Il fut inauguré en 1938 et chaque année s'y déroule la célébration de l'Anzac Day.

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Carré militaire de l'Uranie - Papeete (Polynésie Française)

Deux « ANZAC », un Australien et un Néo-zélandais, sont inhumé au cimetière de l'Uranie à Papeete.

Ils sont honorés tous les ans, le 25 avril, par les autorités civiles et militaire de Polynésie française et du Consul d'Australie.

  • Le sergent Roy John LESLIE, Néo-zélandais, survécu aux combats Gallipoli, puis fut envoyé en France où il a été blessé. Sur son chemin de retour vers la Nouvelle-Zélande, il est mort à bord du Maheno dans les eaux Polynésienne, le 5 Septembre, 1917.
  • Le soldat Robert William FUHRSTROM, Australien, a combattu en France où il a attrapé la pneumonie des tranchée. Après plusieurs séjours dans les hôpitaux en Ecosse, il a été renvoyé en Australie. Il  est décédé à bord du Marathon, à Papeete, le 29 mai 1918.

Le Gouverneur de Tahiti offrit de les enterrer à Papeete en promettant que les tombes seraient entretenues par les Tahitiens.

Source de l'illustrationRotary Club Papeete - Tahiti

Cimetière Néo-zélandais de Bourail (Nouvelle-Calédonie)

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, les troupes de la 3ème Division néo-zélandaise étaient stationnées à Bourail, sur la côte ouest de la Nouvelle-Calédonie. Bien qu’il n’y ait pas eu de combats en Nouvelle-Calédonie, elle était la base d’opérations pour d’autres coins du Pacifique et les troupes s’y entraînaient. Le cimetière a été établi en 1943 et fait partie de la « Commission des tombes de guerre du Commonwealth. » Le Ministère néo-zélandais de la Culture et du Patrimoine gère le cimetière pour la Commission et le Consulat-Général de Nouvelle-Zélande supervise son entretien.

Au cimetière, on trouve les tombes de 246 militaires Commonwealth – dont quatre soldats inconnus - qui sont morts dans le Pacifique, y compris les tombes de 235 Néo-Zélandais. A l'autre bout du cimetière se trouve un mémorial où sont inscrits les noms de 451 militaires disparus – dont 254 Néo-Zélandais et 169 des Forces Locales du Pacifique Ouest.

Le cimetière est ouvert aux visiteurs pendant toute l’année, et le Consulat Général de Nouvelle-Zélande y organise une des cérémonies de l’ANZAC Day chaque mois d’avril.

Le cimetière se situe à Boghen, sur la côte ouest de la Nouvelle-Calédonie, environ 8 kilomètres au sud-est de la ville de Bourail. Si vous montez vers le nord, le cimetière se trouve sur le côté droit après le cimetière des Arabes à Nessadiou, en haut de la colline.  

Source : Consulat Général de Nouvelle Zélande à Nouméa (Nouvelle-Calédonie)